Le ministre de la Transition écologique à Autun

Une brève de Danielle Bergeron

Le ministre de la Transition écologique à Autun pour parler coupes rases et feuillus

Article publié le 17/11/2022 dans le Journal du Centre

https://www.lejdc.fr/autun-71400/actualites/le-ministre-de-la-transition-ecologique-a-autun-pour-parler-coupes-rases-et-feuillus_14218118/?xtor=EPR-28&_ope=eyJndWlkIjoiNTMzNTQifQ%3D%3D
(Visite provoquée par Lucienne Haese, représentante du Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus du Morvan, qui avait interpellé le ministre lors l’émission Aux arbres citoyens, sur France 2.)

BIODIVERSITĖ EN FORÊT

Visite d’observation sur une parcelle du Chat sauvage

Texte de Danielle Bergeron
Photographies de Inès Levy

Dimanche 6 novembre 2022

Le rendez-vous était fixé à 14h30, au Pont des Bruyères, tout au bout du Lac de Chaumeçon, près de Brassy (Nièvre).

Nous étions une vingtaine à rejoindre Maxime Jouve, écologue du Conservatoire des espaces naturels de Bourgogne qui, le matin déjà, lors de l’Assemblée générale du Chat sauvage était venu présenter son  travail de comptage des chauve-souris sur une des parcelles du groupement. Passionnant.

Nous avons longé en file indienne, pendant une bonne vingtaine de minutes, le sentier qui surplombe la rive  du lac  pour atteindre une des plus belles parcelles que possède le groupement et où ont eu lieu cette année les premières coupes de bois.

En chemin, nous nous sommes arrêtés au bord d’une plantation de résineux, des douglas (ou pin d’Orégon) que l’on trouve désormais partout dans le Morvan. « Un exemple de ce qu’il ne faut pas faire », a dit Maxime, avant de nous expliquer les différentes strates qui composent le sol, comment les couches supérieures issues de la décomposition des feuilles mortes sont différentes de celles que ne couvrent que des aiguilles et ce qu’il advient quand une plantation monospécifique et équienne (tous les arbres ayant le même âge) est coupée à blanc.

La qualité du sol est extrêmement importante puisqu’il sert à l’arbre à la fois de support et de source de nourriture. Et les sols sont fragiles, longs à se reconstituer, ce qui parfois s’avère impossible tant ils sont dégradés.

Par ailleurs,  une parcelle diversifiée peut abriter par exemple 15 ou 20 espèces d’oiseaux, là ou une plantation monospécifique n’en aura que 4 ou 5.

Très vite, nous sommes repassés dans un bois de feuillus et la différence non seulement entre les arbres, mais entre ce qu’on trouve dessous saute immédiatement aux yeux. Et quelle sensation de bien-être et de soulagement!

Arrivés sur la parcelle du Chat sauvage, Maxime nous a rappelé que nos milieux forestiers abritent environ 900 espèces végétales, 50 % des coléoptères, 75% des fonges, etc. On y dénombre jusqu’à 450 types de micro-habitats.

Puis notre guide a orienté notre observation vers ce qui permet d’estimer la biodiversité présente dans cette forêt.*

Il faut regarder notamment :

•Les différentes essences d’arbres autochtones: chêne sessile, charme, bouleau, hêtre…. Leur diversité  garantit qu’un plus grand nombres d’espèces peuvent y vivre. Leurs dimensions sont également importantes, car la variété d’habitats en dépend.

•La structure de la végétation avec ses différents étages -herbacé, arbustif, arborescent- abritant chacun des espèces particulières.

Des « doigts du diable » : curieux non ?

•La présence de bois morts, essentielle, car ils abritent 30% de la biodiversité forestière, qu’il s’agisse d’animaux, de végétaux, de bactéries ou de champignons. Ces bois peuvent être tombés au sol (chablis). Il peut aussi s’agir d’arbres chandelles, c’est-à-dire morts sur pied.

•Les arbres présentant un intérêt écologique, marqués d’un E et ou d’un triangle lors du martelage -marquage des arbres- effectué avec l’expert forestier qui a élaboré le plan de gestion.

Ce sont souvent de gros et vieux arbres où peuvent loger et prospérer de nombreuses espèces, grâce à leurs  «dendro-microhabitats » : trous de pics, cavités diverses,  écorces décollées, etc.

Nous avons ainsi pu ainsi constater qu’un troglodyte mignon avait fait son nid dans la plaie cicatrisée d’un chêne et apprendre que non seulement les insectes mais aussi les petites chauve-souris trouvent refuge sous les écorces. Et qu’elles changent de gîte chaque nuit.

Pour ces arbres, parfois appelés « bio » par les forestiers, les recommandations devenues habituelles d’en conserver un par hectare ne semblent pas suffisantes. Chaque arbre est un écosystème à lui tout seul.

•La présence d’animaux, leur nombre, la diversité des espèces témoignent bien sûr de la santé de la forêt. D’où l’importance d’effectuer des suivis, sur de longues périodes, comme pour les chauve-souris.

En contrepoint des indications de Maxime, Frédéric Beaucher, gérant du groupement, est également intervenu pour résumer les caractéristiques de la sylviculture choisie par le Chat sauvage : la gestion en futaie irrégulière et ses différentes phases mise en oeuvre sur la parcelle visitée.

Il a décrit l’expert forestier, chargé de décider -lors du martelage- ce que va devenir chaque arbre, comme un « expert de la lumière ». Lorsqu’on procède à des éclaircies, on coupe certains arbres pour permettre à d’autres de se développer pleinement. Maxime avait d’ailleurs évoqué la « guerre pour la lumière » que se livrent les arbres.

D’autre part, pour sortir les arbres coupés, il faut  créer des cloisonnements, c’est-à-dire des passages (tous les 20 ou 30 m dans les plantations régulières, ce qui n’est pas le cas ici) afin de protéger le reste des sols. Dans cette parcelle, ceux qui ont été ouverts sont quasiment indécelables pour un oeil non averti.

Les premiers arbres coupés cette année l’ont été pour du bois de chauffage, mais aussi du bois d’œuvre (chêne). Celui-ci, vendu à un jeune charpentier voisin, a été équarri sur place à la hache -les déchets, n’étant pas exportés, viennent enrichir le sol- et débardé à cheval.

Cet après-midi passé en forêt, outre l’agrément toujours renouvelé d’être au milieu des arbres, nous a permis de mieux comprendre la complexité de l’écosystème forestier et de mesurer l’importance d’en tenir compte dans le type de gestion appliqué.

*Il existe désormais un outil, l’Indice de biodiversité potentielle (IBP), mis au point par le CNPF (Centre national de la propriété forestière) avec l’aide de divers organismes publics pour aider à cette estimation. Il est accessible à tous, par exemple ici : https://www.cnpf.fr/nos-actions-nos-outils/outils-et-techniques/ibp-indice-de-biodiversite-potentielle

8 novembre : France Télévisions organise une soirée avec France Nature Environnement

Une brève de Danielle

Le principal objectif de ce projet grand public est de collecter des dons pour financer un fonds de soutien à des projets de régénération et de restauration forestière et bocagère en gestion durable.

L’association France Nature Environnement est chargée de récolter les dons, ainsi que de mettre en place le processus de sélection et de suivi des projets financés.

https://fne.asso.fr/actualites/aux-arbres-citoyens-france-televisions-et-fne-ensemble-pour-la-foret

Séminaire « Coupes Rases et REnouvellement des peuplements Forestiers en contexte de changement climatique »

Information fournie par Danielle

Le GIP Ecofor et le RMT Aforce vous invitent à participer au séminaire de restitution de l’expertise collective CRREF, qui aura lieu le mardi 22 novembre 2022 de 9h à 17h, à la salle Gambetta du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, 78 rue de Varenne, Paris VIIe. L’évènement sera également accessible en visioconférence.

L’expertise, organisée en thématiques, couvre tant les domaines des sciences de l’environnement que ceux des sciences humaines, économiques et sociales.

Ouvert à tous, le séminaire prévoit le matin une présentation des principaux résultats de l’expertise, complétée l’après-midi par deux temps d’échange.

N’hésitez pas à faire suivre cette invitation aux personnes que vous jugeriez intéressées.

Programme prévisionnel :

  • A partir de 8h30 : Accueil
  • 9h-12h45 : Restitution des travaux des experts
  • 14h-17h : Tables rondes

L’inscription est obligatoire : https://framaforms.org/inscription-au-seminaire-de-restitution-de-lexpertise-crref-coupes-rases-et-renouvellement-des

lien internet sur l’article complet

Brûler des granulés de bois n’a rien d’écologique

Dans la série des brèves de Danielle

Jake Dean — Traduit par Bérengère Viennot  10 février 2022

(l’article est centré sur les Etats-Unis, mais concerne largement l’Europe)
http://www.slate.fr/story/222620/bruler-granules-bois-rien-ecologique-biomasse-pas-neutre-carbone-bioenergie-renouvelable-polemique-gaz-effet-serre

« La biomasse issue du bois représente plus de la moitié des sources d’énergie renouvelable de l’Union européenne. Et une grande partie de ce bois provient du sud-est des États-Unis. »

‘Les recherches montrent que la compensation de la dette carbone de la combustion de biomasse issue du bois nécessite des dizaines d’années de repousse (…), et que reboiser des forêts de feuillus avec des pins à la croissance rapide pour en faire de la biomasse diminue la densité carbone des zones boisées »

« le gouvernement de Caroline du Nord lui-même a admis en 2019 que la biomasse issue du bois «ne faisait pas progresser l’économie de l’énergie propre en Caroline du Nord». »

« les émissions dues à la combustion de ce bois ne sont pas comptabilisées au débit du pays qui le fait. (…)  cela crée une incitation perverse à simplement brûler le bois venu d’autres pays et à compter le charbon ainsi remplacé comme une réduction du gaz à effet de serre.
C’est cette défaillance comptable qui a permis aux pays européens de brûler des arbres américains tout en prétendant avancer vers une énergie propre. « 

« Grand View Research estime que la biomasse mondiale vaut des dizaines de milliards de dollars et devrait connaître une croissance d’environ 6% par an jusqu’en 2028. Les pays européens subventionnent le secteur à hauteur de plusieurs milliards de dollars. »

À Chantilly, des citoyens aident les scientifiques à « sauver la forêt »

Dans la série des brèves de Danielle

Par Maïwenn Lamy et Mathieu Génon (photographies)    13 juillet 2022

https://reporterre.net/A-Chantilly-des-citoyens-aident-les-scientifiques-a-sauver-la-foret
« Jusque fin juillet, un collectif de 300 bénévoles accompagnés de chercheurs se mobilise pour cartographier la forêt de Chantilly.  »    (6300ha)

« C’est en 2019 que les équipes de l’Office national des forêts (ONF), qui gèrent la forêt, mesurent l’ampleur du problème. 40 % du domaine et 47 000 arbres sont touchés par le dépérissement, réalisent-ils. Dans la forêt, la température moyenne a déjà augmenté de 1,5 °C depuis 1990. »

 » Les gardiens de la forêt de Chantilly souhaitent accompagner la migration naturelle d’essences plus adaptées au climat de demain, chose qui prendrait des milliers d’années à la nature. »

« Le plus important sera d’introduire davantage de métissage dans la forêt de Chantilly afin de la rendre plus résistante. »